Ce que cache la gratuité apparente des réseaux sociaux numériques

Mathieu Bélanger, le 1 juin 2008 à 5:07 dans Commerce électronique, Marketing Internet, Tendances, Web 2.0, Économie Web

Une publication de L’UCL tiré de la série Regards économique est parue dernièrement et le sujet est très intéressant. Le titre complet du document est «No free lunch sur le Web 2.0 ! Ce que cache la gratuité apparente des réseaux sociaux numériques». Voici un résumé de l’article fourni par l’auteur:

«Cet article vise à décomposer les principaux mécanismes économiques sur lesquels s’appuie le développement des réseaux sociaux et des sites contributifs du Web 2.0. La gratuité d’usage, érigée en norme sur Internet, nous y apparaîtra comme la composante partielle d’un système de tarification plus large, obéissant à une logique de marché multiface. L’article analyse ensuite les principales questions de régulation que le développement de cette nouvelle industrie pose à l’autorité publique.» Source

Il y a énormément d’articles qui expliquent le comportement d’une communauté, le profil des générateurs de contenus et des influenceurs. Mais qu’en est-il du modèle d’affaire des marchands selon des termes économiques? On connaît bien les utilisateurs, mais on parle peu du comportement du commerçant et de son modèle d’affaires. De ce point de vue, qu’en déplaise à certain, il n’a rien de nouveau. Les sites web 2.0 ‘communautaires’ ne le sont pas vraiment d’un point de vue économique et rien n’est réellement gratuit (si on prend compte du coût d’opportunité).

Les sites web 2.0 dont le contenu est généré par les utilisateurs génère ses revenues par la publicité. Leur but est de créer la plus grande audience et que le service incite les gens à donner le plus de détails personnels possible. Pourquoi? Afin de cibler les publicités et ainsi générer plus de revenus. L’exemple de Google est intéressant puisqu’ils offrent une panoplie de service tout à fait gratuitement afin de générer cette audience. Plus leur audience est grande, plus leur réseau publicitaire est grand. C’est assez simple à comprendre. En fait, ça ressemble étrangement au modèle d’affaire de la T.V.: des canaux gratuits en échange de publicité. Celui qui aura la plus grande audience et la capacité de cibler ces publicités aura la plus grande part du gâteau. N’est-ce pas l’idée de Microsoft, Google,Yahoo, Facebook et Cie?

Bonne lecture.

Le document (PDF) : No free lunch sur le Web 2.0 ! Ce que cache la gratuité apparente des réseaux sociaux numériques

Tags associés: affaires, audience, communauté, Facebook, google, influence, Internet, modèle économiques, php, publicité, réseaux, réseaux sociaux, Sites web, TI, Web, Web 2.0, xp

6 Commentaires »

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  1. Christian avait posté cet posté sur Facebook et j’avais eu la réponse suivante…

    Extrait:
    “nombre de ces contenus, protégés par le droit d’auteur, circulent de manière illicite.
    Comment permettre le développement du Web 2.0 tout en assurant la rémunération légitime des
    titulaires de droit ?”
    Quel est le rapport entre le Web 2.0 et la copie illégale de contenu ? Personne n’a attendu le 2.0 pour s’échanger des musiques, texte ou vidéos protégés. De même, tous les contenus générés par le 2.0 ne sont pas illicites. Il y a encore une fois un mélange des genres qui va perturber la bonne compréhension du phénomène par nos responsables politiques.

    Pour le reste, il ne s’agit que de vérités de la Palisse sur notre modèle économique capitaliste. Depuis que la commercialisation de produit existe (ça ne date pas d’hier), les entreprises intègrent le coût de la pub dans le prix de vente de leurs produits. C’est sûr que s’il n’y avait pas de pub, sur des sites Web 2.0 ou ailleurs, le prix à l’achat serait plus faible. À ce moment-là, interdisons la pub partout : TV, radio, affiche, etc.

    Commentaire par Zelaurent — 1 juin, 2008 #

  2. Salut Laurent,

    Je n’avais pas vu que Christian l’avait déjà posté. Peu importe, j’ai trouvé l’article fort intéressant.

    Tout est sur les mécanismes économiques et rien d’autre. Le document relate bien que le site Web 2.0 comporte aussi des documents licites. C’est dit à plusieurs reprises. En fait, s’il pose la question, s’est simplement pour se questionner sur comment un marchand peu tiré profits de l’utilisation de ces oeuvres illicites sur ses plateformes. Aussi peu qu’il en ait, c’est intéressant de se poser la question. La solution est simple, ils n’ont qu’à taxer les plateformes. Le document nous informe que les deux groupes auraient tout avantage à travailler ensemble au lieu de se battre pour atteindre l’audience. Le document ne dit pas que tous les sites Web 2.0 sont des sites à contenus illicites, loin de là. En fait, ce document est très souple quant à ce point de vue. Donc tes points se rejoignent énormément avec ce qu’il dise. C’est effectivement notre système économique capitalisme qui se cache derrière, ce n’est pas nouveau, c’est vrai. Mais ce n’est pas tout le monde dont ils l’ont bien compris, voilà pourquoi le document est fort pertinent.

    Merci pour ton commentaire.

    Commentaire par Mathieu Bélanger — 2 juin, 2008 #

  3. Excellent article, c’est tout à fait ça !
    Je te conseille de lire cet article que j’avais écris en date du 2 mai 2008 :
    http://www.lespacearcenciel.com/google-l%e2%80%99exclavagiste-moderne.html
    La question est :
    Comment en tant que Petit, moyen blogueur générer des revenus direct, sans être sans cesse après la course au trafic… ? Je pense qu’il nous faut proposer nous-même l’offre publicitaire, sans passer par un intermédiaire (Style AD42 !)
    Le web 2.0, c’est bien beau, surtout pour se faire couillonner… !
    Pour ma part voici ma solution :
    http://www.lespacearcenciel.com/achat-en-ligne.html
    Il doit bien en exister d’autres… A nous de les trouver !
    En agissant de la sorte nous coupons l’herbe sous le pieds des petits malins. Ce qui devrait nous permettre très rapidemment de devenir indépendant et de générer des revenus convenables par nous mêmes - Communauté oblige… !
    Amitiés A+,
    Hugues ;-)

    Commentaire par lespacearcenciel — 2 juin, 2008 #

  4. Ce que cache la gratuité apparente des réseaux sociaux numériques…

    Une publication de L’UCL tiré de la série Regards économique est parue dernièrement et le sujet est très intéressant. Le titre complet du document est «No free lunch sur le Web 2.0 ! Ce que cache la gratuité apparente des réseaux sociaux num…

    Trackback par Expert-du-Net.com — 3 juin, 2008 #

  5. Merci Hugues pour ton commentaire. Ton article est très intéressant, mais il est peu trop pessimisme à mon goût. Gardons espoir quand même.

    Commentaire par Mathieu Bélanger — 3 juin, 2008 #

  6. Comme dirait Hercule Poireau : “a qui profite le crime” ?

    Cette article est très intéressent et prouve que l’on peut avoir une vision clair de l’internet contemporain sans passion, ni partis pris.

    Pour ce qui est du droit d’auteur, il est claire que le réseau et donc les FAI profite d’un contenue gratuit a fournir à leur internautes, et hélas, ce contenue distribué gratuitement, ne fait pas de mal au gros qui on juste des chiffres en baisse, mais au petit comme d’habitude.

    Mais ça tout le monde l’oublie, car c’est des petit.

    Pourquoi on parle toujours de téléchargement illégale, plutôt que de contenue dématérialisé illégale?

    Qui fourni les tuileau plein de bonne chose a télécharger ?

    Qui paye pour le travaille de ces personnes, de ces société ?

    Et le pire c’est que l’on culpabilise le consommateur, qui ne fait que se bourrer la geule a s’en rendre malade, dans un open bar ouvert par une multinational auquel personnes ne dit rien.

    Le modèle de gratuité en tout cas coûte, mais pas a celui qui gagne.

    Commentaire par mike — 10 juin, 2008 #

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